Les jeunes et l'entrepreneuriat : comment se lancer ?
Les jeunes et l'entrepreneuriat : comment se lancer ?
Se lancer dans l’entrepreneuriat n’a jamais été aussi accessible. Si enfant, vous vous leviez aux aurores pour installer votre stand de brocante et gagner trois francs six sous, aujourd’hui, il suffit d’un ordinateur et d’une connexion internet pour lancer son projet et créer sa propre entreprise. Cette facilité d’accès, couplée à une culture entrepreneuriale forte, a un impact sur les rêves de nos enfants : les jeunes français sont deux fois plus nombreux que leurs aînés à souhaiter devenir un jour entrepreneur. Forcément, ils sont biberonnés aux success stories de startups et où les modèles de réussite se construisent loin des chemins traditionnels. Cet enthousiasme pour l'entrepreneuriat chez les jeunes soulève de nombreuses questions : comment les soutenir, les guider, et leur fournir les outils nécessaires pour transformer leurs idées en projets ? Ensemble, éduquons nos enfants pour les aider à oser entreprendre.
Pourquoi entreprendre dès l’adolescence ?
L'adolescence est une période de la vie où tout semble possible. C'est un moment de découvertes, d'apprentissages et, surtout, d'une belle capacité à rêver grand. Mais, c’est aussi le moment où l’on tente de trouver des réponses :
- Qui suis-je ?
- Qui suis-je par rapport aux autres et pour les autres ?
- Quelle est ma place dans ce monde en constante mutation ?
Entreprendre à cette période charnière de la vie, c’est pouvoir rechercher la réponse à ces questions.
La jeunesse, le moment idéal pour entreprendre
Honnêtement, l’adolescence est l’un des meilleurs moments de la vie pour entreprendre. Contrairement à nous, adultes, les ados sont presque libres de charges financières et de responsabilités familiales, en dehors des classiques passer du temps en famille, participer aux tâches quotidiennes et assurer leur travail scolaire. Les adolescents peuvent bénéficier du soutien de leurs parents. Cette sécurité offre une plus grande liberté d'exploration sans la pression de devoir immédiatement générer un revenu pour pouvoir payer son loyer, ses factures et sa nourriture. C'est une période où l'on peut se permettre d'échouer, d'apprendre de ses erreurs et de recommencer. Et apprendre à échouer, c’est l’une des plus belles compétences à développer. Parce qu’apprendre à échouer, c’est apprendre à essayer.
À l'adolescence, nous sommes donc à la recherche de qui nous sommes. Nous explorons notre identité d’aujourd’hui et de demain. Mais, c’est aussi une période où l’on teste les limites et le cadre imposé par les parents, l’école, la société. Si cela mène souvent à des confrontations non désirées, c’est aussi un état d'esprit précieux dans l'entrepreneuriat, où prendre des risques calculés et innover sont essentiels. Les jeunes entrepreneurs sont moins entravés par la peur de l'échec qui freine souvent les adultes. Forcément, nous cumulons plus d’expériences et de croyances limitantes. Nous avons beaucoup à apprendre de leur audace.
Enfin, nos enfants ont grandi à l'ère du numérique et des nouvelles technologies. Leur affinité naturelle avec ces outils est un atout ! Oui, les jeux vidéos ont pu leur enseigner plus ce que l’on pense en tant que parent. Et cette intuitivité sur ces machines comme sur le web est un grand avantage pour entreprendre. Qui sait, ils finiront peut-être par posséder neuf satellites avant 30 ans
Les bénéfices de l’entrepreneuriat chez les jeunes
L'entrepreneuriat, c'est une école de la vie. Ça l’est quand on a 40 ans, ça l’est quand on a 12 ans. On apprend sur nous, on apprend sur le monde, on apprend sur l’impact que l’on veut avoir sur ce monde. Et on développe 1 000 compétences au passage. En se lançant dans des projets entrepreneuriaux, nos enfants acquièrent des qualités utiles tout au long de leur vie.
Développer des compétences de vie essentielles
Vous le savez, je suis intimement convaincue que l’école ne nous apprend pas assez à développer nos soft skills. Les soft skills, ce sont ces compétences dites “douces”, c’est-à-dire les compétences humaines, sociales et relationnelles. Si elles ne sont pas encore assez valorisées par le système scolaire, elles le sont après dans le monde de l’entreprise ! Aujourd’hui, à CV et diplôme égal, ce sont elles qui font la différence.
L’entrepreneuriat chez les jeunes forge des qualités interpersonnelles cruciales. La communication efficace, le leadership, la capacité à travailler en équipe et la gestion du temps deviennent des outils de tous les jours. Ces compétences sont fondamentales pour la vie pro, mais aussi pour chaque aspect de la vie : amour, amitié, vie associative, sport, activités artistiques, etc.
Ensuite, entreprendre, c’est aussi travailler sa résilience et sa gestion de l'échec. Honnêtement, apprendre à gérer l'échec et à rebondir est peut-être l'un des plus grands cadeaux de l'entrepreneuriat. Les jeunes entrepreneurs comprennent rapidement que chaque échec est une leçon et une opportunité de grandir.
Enfin, se lancer dans un projet entrepreneurial demande de l'autonomie et une forte capacité à prendre des initiatives. Les adolescents apprennent alors à compter sur eux-mêmes, à prendre des décisions et à les mettre en action.
Stimuler la créativité et l'innovation
L'entrepreneuriat pousse les enfants à réfléchir différemment, à questionner le statu quo et à imaginer des solutions innovantes à des problèmes courants. En les aidant à réfléchir autrement, ils intègrent l’idée que leur passion peut être plus qu’une activité qu’ils pratiquent quelques heures par semaine : elle peut devenir un métier futur, un projet concret, voire une future entreprise, aux couleurs de leur ambition et de leurs valeurs.
Entreprendre, c’est aussi exploiter la curiosité naturelle de nos adolescents pour créer de nouvelles solutions. C’est leur montrer comment entretenir un intérêt pour certains sujets, et en faire un moteur. C’est une qualité que je chéris chez les jeunes avec qui je travaille : la curiosité et l’audace. Qui ne s’est jamais demandé ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait osé parcourir un chemin différent de ce qu’on lui avait tracé ?
Apprendre à entreprendre sa vie
Quand on pense à l’entrepreneuriat, on pense au monde du travail. Pourtant, apprendre à entreprendre, c’est aussi apprendre à entreprendre sa vie. C’est-à-dire à être un réel acteur de notre quotidien, que ce soit dans le pro, comme dans le perso : relations amoureuses, amicales, familiales, voyages, activités sportives ou artistiques… Entreprendre sa vie, c’est agir avec intention pour bâtir une vie qui reflète ses valeurs, ses intérêts et ses ambitions.
Et entreprendre aide clairement les jeunes à visualiser où ils veulent aller dans la vie. Ça les encourage à fixer des objectifs clairs et à élaborer des plans pour les atteindre.
Mais l'entrepreneuriat enseigne aussi que le talent seul n'est pas suffisant. Le travail efficace, la persévérance et l’apprentissage continu sont essentiels pour surmonter les obstacles et réussir.
Enfin, entreprendre, c’est aussi apprendre à gérer ses finances. Compétence non apprise à l’école qui nous fait cruellement défaut quand on commence notre vie d’adulte ! Gérer une entreprise, même à petite échelle, même sur un projet fictif, offre une leçon précieuse en matière de finances. Les jeunes apprennent l'importance de budgétiser, d'investir et de planifier.
Comment entreprendre quand on est jeune ?
L'entrepreneuriat n'est pas une affaire d'âge. Les jeunes, même mineurs, regorgent d'idées innovantes et d'une énergie incroyable pour les concrétiser. Mais comment naviguer dans le monde de l'entrepreneuriat quand on est encore à l'école ?
Est-ce qu’il est possible de créer son entreprise quand on est mineur ?
En France, les mineurs entre 16 et 18 ans ont la possibilité de créer leur propre entreprise, sous certaines conditions :
- avoir 16 ans minimum ;
- avoir l'autorisation des 2 parents ;
- créer une société à associé unique.
Deux statuts d’entreprise sont possibles :
- une société à responsabilité limitée (SARL) à associé unique, c'est-à-dire une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, une EURL ;
- une société par actions simplifiée (SAS) à associé unique, c'est-à-dire une SASU.
À l’heure où j’écris ces lignes, la microentreprise n’est pas accessible aux mineurs.
Il existe aussi des restrictions sur les activités possibles. Ainsi, les mineurs ont accès à :
- certaines activités agricoles ;
- certaines activités artisanales ;
- certaines professions libérales, comme les métiers du web, la formation…
Bon à savoir : il faut être majeur pour pouvoir s’inscrire au registre du commerce et des sociétés (RCS), et donc, être commerçant.
Alors, est-ce que ça veut dire qu’il faut avoir au minima 16 ans pour devenir entrepreneur ? Non et bien heureusement ! On n’est pas obligé de créer son entreprise. Créer son entreprise, c’est essentiel si on souhaite déclarer des revenus.
Mais, les jeunes ont aussi la possibilité de créer des projets fictifs, ou à but non-lucratifs ! Par exemple, ils peuvent créer un projet au côté d’une association ou d’un établissement scolaire.
5 étapes pour entreprendre à l’adolescence
On a toutes et tous des rêves. Nos enfants ont des rêves. Mais, comment transformer ces doux songes en projets concrets ? C’est ce que nous apprend l’entrepreneuriat. Voici les 5 étapes pour lancer un projet entrepreneurial.
Trouver une Idée
Il y a 3 moyens de trouver une idée :
- se baser sur ses propres passions ;
- identifier des problèmes à résoudre ou des besoins non comblés ;
- apprendre à générer des idées en partant des deux points précédents.
De nombreux projets naissent d'une passion. Réfléchis avec ton enfant à ce qu’il aime faire, ce qui le motive et réfléchissez ensemble à ce qu’il est possible de faire autour de ce hobby.
Et bien souvent, il s’agit de réussir à identifier des problèmes à résoudre ou des besoins non comblés ! Observez autour de vous, écoutez les gens et notez les problèmes rencontrés au quotidien. Chaque problème à résoudre est une opportunité d'entreprise à créer.
Pour cela, vous pouvez utiliser des techniques de brainstorming. L’objectif, c’est de générer le maximum d'idées possibles, sans se limiter, même si elles paraissent nulles ou inutiles au premier abord. Vous affinerez ensuite pour trouver celle qui parle le plus à ton enfant.
Apprendre à étudier un marché
Ça, c’est une compétence qui sert tout au long de la vie : l’étude d’un marché. Au fond, il s’agit de comprendre les besoins et les désirs du public cible, en se posant les bonnes questions. Qui sont tes futurs clients ? Quels sont leurs besoins spécifiques que le produit ou service peut satisfaire ? Quelle douleur retire-t-il ?
L’étape suivante, c’est de savoir analyser la concurrence. Qui propose des produits ou services similaires ? Comment le vendent-ils ? Qu’est-ce qui différencie ton produit ou ton service ? Comment offrir quelque chose de différent, et de meilleur ?
Le dernier point pour étudier un marché, c’est de savoir faire de la veille, pour identifier les tendances du marché. C’est le meilleur moyen d’anticiper les besoins futurs et de te positionner avantageusement. Et c’est un soft skill précieux. Faire de la veille, c’est nourrir sa curiosité naturelle.
Créer un business plan
C’est le document préféré des start-ups : le business plan. Eh oui, même à 12 ans, on peut faire un business plan ! Encore une fois, le projet n’a pas à être réel, il peut aussi être fictif. Mais, on peut aussi le rendre concret. Dans un cas, comme dans l’autre, vous aurez besoin d’un business plan.
D’abord, il aide à définir clairement son offre : que proposez-vous exactement ? Comment cela répond-il aux besoins de ton public cible ?
Ensuite, il s’agit de planifier les étapes de développement et de mise sur le marché, en répondant aux questions suivantes :
- Quels sont les jalons clés du projet ?
- Comment vas-tu développer et lancer ton produit ?
- S’il est à but lucratif, comment vas-tu générer des revenus avec ?
Last but not least, il va falloir établir un budget prévisionnel. Si elle semble peu attractive, cette étape est essentielle. Combien cela va-t-il coûter pour démarrer et faire fonctionner l’entreprise ? Planifiez les dépenses et les sources de revenus. Bonne nouvelle, c’est un excellent moyen d’apprendre à gérer de l’argent. Et dieu sait qu’on a besoin de cette compétence une fois adulte ! C’est aussi un excellent moyen de montrer à nos enfants l’utilité des mathématiques au quotidien.
Comprendre les bases de la communication
On a beau créer le meilleur produit au monde, si on ne sait pas communiquer dessus, personne ne l’achètera. Entreprendre, c’est aussi apprendre les bases de la communication et du marketing. Croyez-moi : quelle que soit la future voie dans laquelle votre enfant travaillera, ces compétences lui seront précieuses.
Savoir communiquer, c’est savoir :
- choisir les bons canaux pour atteindre son audience ;
- créer un message de marque cohérent ;
- utiliser les réseaux sociaux de manière stratégique.
On parle souvent, à juste titre, des dérives des réseaux sociaux, et de leur impact sur les plus jeunes. Sauf que, qu’on le veuille ou non, ils sont là. On a beau essayer de cadrer leur utilisation avec nos enfants, ils les utilisent, ou les utiliseront. Alors, pourquoi ne pas leur montrer les clés pour comprendre comment les utiliser pour servir leur projet ?
Savoir pitcher son projet
On a plus peur de parler en public que de mourir. C’est fou et irrationnel, non ? Dans ces conditions, apprendre à pitcher est un vrai atout qui leur servira toute la vie.
Savoir pitcher, c’est savoir structurer son discours pour captiver l'attention. Comment présenter une idée pour qu'elle soit immédiatement compréhensible et séduisante ?
C’est aussi savoir mettre en avant les bénéfices de son projet et se préparer des réponses aux questions potentielles.
Bonus : se faire accompagner pour apprendre à entreprendre
Nous n’avons pas toutes et tous les mêmes facilités pour entreprendre. Ainsi, une étude de la BPI montre que les jeunes issus de quartiers prioritaires sont moins dans une dynamique entrepreneuriale. Le genre vient aussi apporter son grain de sel : les femmes ont moins de projet d’entrepreneuriat. Si je suis persuadée d’une chose, c’est qu’on devrait pouvoir entreprendre, quelles que soient nos origines, notre classe sociale ou notre genre.
C’est pourquoi j’ai créé Les Défis du KidPreneur, un programme 100 % en ligne conçu pour guider les jeunes dans leur aventure entrepreneuriale. En 7 défis, votre enfant apprend les bases de l’entrepreneuriat, du brainstorming pour trouver une idée de projet jusqu’au pitch pour apprendre à convaincre.
L’objectif, c’est que votre enfant prenne conscience de sa capacité à créer, à innover et à impacter positivement son environnement ! En plus d’améliorer son estime de soi, ces compétences lui serviront tout au long de sa scolarité, puis tout au long de sa vie.
Nous vivons dans un monde où l'entrepreneuriat est plus accessible que jamais. Le monde du travail a changé, on ne rêve plus d’avoir une longue carrière dans la même entreprise pour gravir les échelons. Les jeunes veulent avoir un impact positif sur le monde. Ils veulent un travail qui leur permet de trouver un équilibre pro/perso. Ils veulent avoir la possibilité de créer leur entreprise. En leur apprenant dès aujourd’hui à mener un projet entrepreneurial, nous les aidons à se construire un avenir épanouissant. Mais, l'entrepreneuriat n’est pas qu’une histoire de succès professionnel. C'est une aventure enrichissante qui apprend la persévérance, stimule l'innovation et souligne l'importance de suivre ses rêves. Encourageons nos enfants à être audacieux, à explorer sans limites, à apprendre sans cesse, et à innover sans peur. Ensemble, cultivons une génération d'entrepreneurs inspirés et capables de modeler le monde de demain.
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